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Livre numérique : les années de transition

Passionnante conversation (et surtout passionnée) avec mon libraire il y a quelques semaines. Même si le confinement aura forcément mis en relief la nécessité du lien nécessaire avec les clients via les réseaux et surtout d’un site internet efficace aussi bien dans les recommandations que dans les transactions, la suspicion voire la défiance vis-à-vis du format numérique est toujours bien là. Dix années après le démarrage, rien n’a changé pour beaucoup de libraires indépendants, je pense. Le Syndicat de la Librairie Française à reporté ses traditionnelles Rencontres au printemps 2022. Il sera temps à ce moment-là de dresser un bilan à froid de la situation pour la profession, surtout que d’ici-là, le format numérique aura dépassé certainement les 10% du marché global, sans doute nous frôlerons les 50% pour le seul secteur professionnel et universitaire. Et tout cela avec toujours autant de verrous numériques et de prix élevés chez les éditeurs. Même avec ces “mesures de freinage” (clin d’œil), le processus est bien lancé.

Le constat est là avec la confirmation de deux choses, que nous sommes bien dans le temps long mais que les habitudes de lectures changent bien inexorablement en profondeur. La lecture studieuse/ d’études comme celle de loisirs. Quel plafond, bien malin de répondre à cette question. Sans doute 15/20%, ce sont les chiffres qui avaient été avancés il y a quelques années et que l’on observe sur le marché anglo-saxon qui nous précède toujours. Un plafond de verre qui pourrait bien exploser avec l’arrivée de nouveaux supports à l’affichage en couleurs. C’est du côté de l’éducation que cela se joue, les plus fins observateurs nous l’avaient dit à l’époque, le confinement aura servi de révélateur aussi de ce côté-là. En attendant que la technologie soit tout à fait prête (nous en voyons aujourd’hui seulement les prémisses), les dispositifs noir et blanc s’agrandissent, les possibilités d’annotations se perfectionnent. Je ne renvoie pas vers telle ou telle boutique, vous retrouverez cela en quelques clics si vous ne le savez pas déjà.

Même du côté des médias, les imbéciles ont fini par se taire qui nous annonçaient des prophéties plus ou moins farfelues en tout genre. On aura dit beaucoup de bêtises en dix ans, la liste serait trop longue si je me penchais rétrospectivement sur mon blog Aldus. Laissons cela avec légèreté, avec un doux sourire, et voyons résolument devant nous, avec patience. Nous vivons donc quelques années de transition, c’est le moment de faire un pas de côté (pour ne pas dire “prendre un peu de hauteur”), pour observer par où cela va passer comme nous le disait Michel Serres…

Je consacrerais quelques billets d’ici le début de l’été à mes propres pratiques, faire le point, à la fois comme lecteur que comme “éditeur de contenus” à ma modeste échelle, à numériser des textes, les préparer et les propulser sur les réseaux, en me posant la question du pourquoi et surtout du comment “déployer le livre” pour reprendre l’intéressante formule de notre ami Antoine Fauchié. À très vite…

aldusherve

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